Dell : pourquoi des millions restent fidèles à Windows 10

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Dell : pourquoi des millions d’utilisateurs restent sous Windows 10

Depuis la fin du support officiel de Windows 10, Microsoft pousse fortement les utilisateurs vers Windows 11. Pourtant, la réalité du terrain raconte une autre histoire : des centaines de millions de PC restent encore bloqués – ou volontairement maintenus – sous Windows 10, malgré les risques de sécurité et l’insistance des éditeurs.

Cet article revient sur les chiffres révélés par Dell, les raisons de cet attachement massif à Windows 10, les limites de Windows 11, ainsi que les enjeux pour les particuliers et les entreprises.

Windows 10 : un système toujours dominant, malgré la fin du support

Lancé en 2015, Windows 10 fête ses dix ans d’existence mais continue de dominer une grande partie du parc informatique mondial.
Malgré :

  • La fin du support officiel et des mises à jour de sécurité régulières,
  • L’arrivée de Windows 11, présenté comme plus moderne, sécurisé et tourné vers l’IA,

une large base d’utilisateurs – particuliers et professionnels – choisit encore de rester sur Windows 10, quitte à assumer les risques liés à un système en fin de vie.

Pour les entreprises comme pour les particuliers, Windows 10 reste synonyme de :

  • Stabilité : un système maîtrisé, éprouvé et compatible avec la majorité des logiciels,
  • Habitudes : une interface familière et un environnement connu,
  • Coût maîtrisé : pas besoin de racheter des PC récents pour respecter les exigences matérielles de Windows 11.

Les chiffres révélés par Dell : un fossé énorme avec Windows 11

Lors de la présentation de ses récents résultats financiers, Jeffrey Clarke, directeur des opérations chez Dell, a donné un aperçu très clair de la situation :

  • Environ 500 millions d’appareils dans le monde sont techniquement capables de faire tourner Windows 11, mais fonctionnent toujours sous Windows 10.
  • À cela s’ajoutent environ 500 millions de PC supplémentaires qui, eux, ne remplissent même pas les conditions minimales pour installer Windows 11, en raison des exigences matérielles renforcées de Microsoft.

En d’autres termes, près d’un milliard de PC se trouvent aujourd’hui soit :

  • en retard de migration,
  • soit tout simplement bloqués sur Windows 10.

Pour Dell, cette situation représente une opportunité commerciale :

  • renouveler le parc avec de nouveaux PC sous Windows 11,
  • promouvoir des machines optimisées pour l’IA,
  • mettre en avant des performances, une sécurité et une efficacité énergétique améliorées.

Mais Jeffrey Clarke reste prudent : il estime que le marché du PC devrait rester quasi stable l’année prochaine, preuve que les cycles de renouvellement ne suivront pas forcément le rythme espéré par les constructeurs.

Windows 11 : un milliard de personnes « l’utilisent », mais que veut dire Microsoft ?

Une semaine avant ces déclarations de Dell, Pavan Davuluri, responsable de Windows chez Microsoft, affirmait qu’« environ un milliard de personnes dépendent de Windows 11 ».

Problème :

  • Microsoft ne précise plus clairement si elle parle du nombre d’appareils actifs ou d’un simple indicateur d’« utilisateurs dépendants ».
  • Historiquement, l’entreprise communiquait sur le nombre de dispositifs actifs chaque mois, ce qui rendait la comparaison plus transparente.

Ce changement de vocabulaire crée une zone grise :

  • est-ce que tous ces utilisateurs travaillent réellement au quotidien sur Windows 11 ?
  • ou s’agit-il d’un indicateur plus marketing que technique ?

Face aux chiffres avancés par Dell, il devient clair qu’une part importante du monde Windows reste encore centrée sur Windows 10, même après la fin du support.

Pourquoi la migration vers Windows 11 est-elle si lente ?

Plusieurs facteurs expliquent la résistance à Windows 11 et la fidélité à Windows 10.

1. Des exigences matérielles très strictes

Windows 11 impose des conditions matérielles inédites pour un système Windows grand public :

  • Processeurs récents seulement (générations limitées chez Intel et AMD),
  • Obligation de disposer d’un module TPM 2.0 activé,
  • Sécurisation accrue au niveau matériel (Secure Boot, VBS, etc.).

Résultat :

  • Des millions de PC parfaitement fonctionnels sont déclarés non compatibles,
  • De nombreux utilisateurs se retrouvent avec des machines encore puissantes, mais bloquées sur Windows 10.

Pour eux, le passage à Windows 11 ne se résume plus à une simple mise à jour logicielle :

il impose souvent l’achat d’un nouveau PC, ce qui freine naturellement la migration.

2. Un attachement fort à la stabilité de Windows 10

Pour les entreprises, Windows 10 représente :

  • un socle fiable,
  • compatible avec des logiciels métiers spécifiques,
  • validé par des années de tests, procédures et formations internes.

Changer de système d’exploitation implique :

  • coûts de formation des équipes,
  • risques de compatibilité avec des applications critiques,
  • des phases de test longues et coûteuses.

Chez les particuliers, c’est surtout :

  • la peur du changement,
  • la crainte d’incompatibilités de pilotes ou de périphériques (imprimantes, scanners, cartes son…),
  • un sentiment que « Windows 10 fonctionne très bien, pourquoi changer ? ».

3. Une valeur ajoutée de Windows 11 jugée encore limitée

Windows 11 apporte certes :

  • une interface plus moderne,
  • une meilleure intégration des fonctions de sécurité,
  • de nouvelles options orientées productivité et IA (selon les versions).

Mais pour une grande partie des utilisateurs, ces bénéfices ne suffisent pas à justifier :

  • l’achat d’un nouveau PC,
  • ou le temps nécessaire pour migrer et s’adapter.

Tant que Windows 10 reste « suffisant » pour leurs usages, la pression pour migrer reste faible.

Une fracture entre anciens PC et nouvelle génération « IA »

Les déclarations de Dell mettent en lumière une fracture nette entre :

  • les PC anciens ou intermédiaires, puissants mais non compatibles Windows 11,
  • et la nouvelle génération de PC Windows 11 orientés IA, conçus pour :
    • exploiter les co-processeurs d’IA,
    • optimiser la consommation d’énergie,
    • supporter les applications modernes de productivité, multimédia et sécurité.

Pour Microsoft et ses partenaires, la stratégie est claire :

  • pousser le renouvellement du parc,
  • faire de Windows 11 la plateforme centrale des PC IA,
  • et positionner Windows 10 comme un système en fin de cycle, réservé aux anciens matériels.

Quels risques à rester sur Windows 10 après la fin du support ?

Même si Windows 10 reste très populaire, il ne faut pas oublier que la fin du support implique :

  • Fin des mises à jour de sécurité régulières,
  • hausse du risque de faille exploitée par des cybercriminels,
  • compatibilité décroissante avec certains nouveaux logiciels ou services.

Pour les entreprises, ces risques sont encore plus critiques :

  • exposition accrue aux ransomwares, fuites de données, attaques ciblées,
  • non-conformité possible avec certaines normes de sécurité ou de protection des données,
  • difficulté à obtenir un support technique adéquat sur le long terme.

Certaines organisations choisissent de rester sur Windows 10 tout en :

  • renforçant leurs solutions de sécurité tierces,
  • isolant certains postes sensibles,
  • planifiant une migration progressive vers Windows 11 ou vers des solutions alternatives.

Faut-il passer à Windows 11 maintenant ?

La réponse dépend du profil de l’utilisateur.

Pour les particuliers

Il est recommandé de :

  • Vérifier la compatibilité de son PC avec Windows 11,
  • Planifier la migration si :
    • l’ordinateur est compatible,
    • et l’usage implique des activités sensibles (banque, travail, données personnelles importantes).
  • Envisager, à moyen terme, l’achat d’un PC récent si la machine actuelle n’est pas compatible.

Rester sur Windows 10 à court terme est encore possible, mais il devient de plus en plus important de :

  • utiliser un bon antivirus,
  • mettre à jour toutes les autres applications,
  • adopter des bons réflexes de cybersécurité (sauvegardes, vigilance face aux e-mails, etc.).

Pour les entreprises et les professionnels

Il est conseillé de :

  • élaborer un plan de migration structuré,
  • prioriser les postes les plus exposés ou les plus critiques,
  • tester les applications métiers sur Windows 11,
  • profiter de la migration pour moderniser une partie du parc et intégrer des PC orientés IA.

Rester durablement sur Windows 10 sans stratégie de sécurité renforcée devient, à terme, difficile à justifier d’un point de vue risque et conformité.

Conclusion : Windows 10 reste roi, mais le temps joue contre lui

Les données dévoilées par Dell confirment ce que beaucoup de professionnels pressentaient déjà :

  • Windows 10 reste au cœur du parc installé,
  • la migration vers Windows 11 est plus lente que prévue,
  • les exigences matérielles strictes et l’attachement au système ancien freinent la transition.

Cependant, la fin du support marque un tournant incontournable :

  • à court terme, Windows 10 continuera d’être massivement utilisé,
  • à moyen terme, les impératifs de sécurité, de productivité et de compatibilité pousseront progressivement vers Windows 11 et les PC de nouvelle génération.

Pour les utilisateurs comme pour les entreprises, la question n’est plus de savoir si la migration aura lieu, mais quand et comment la préparer intelligemment.

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